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Le président Gbagbo a dissous le gouvernement et la CEI Le président Laurent Gbagbo a annoncé dans la soirée du vendredi 12 février la dissolution du gouvernement et de la Commission électorale indépendante CEI) à la suite de la crise ouverte par la polémique sur une « fraude » présumée du chef de la CEI Robert Beugré Mambé. Il a aussitôt reconduit Guillaume Soro au poste de Premier ministre. Cette décision intervient en pleine polémique autour du fichier électoral. Le camp présidentiel avait dénoncé des fraudes au sein même de la Commission électorale indépendante, aujourd hui dissoute. Il avait même contesté les listes établies par la CEI. Laurent Gbagbo, président de la Côte d Ivoire: Je veux pour la Côte d Ivoire un gouvernement de sortie de crise. Un gouvernement au service des Ivoiriens et non aux ordres des partis politiques. par Norbert Navarro Laurent Gbagbo affirme avoir pris cette décision en vertu de l article 48 de la Constitution ivoirienne. Cette article prévoit qu en cas de menace grave et immédiate sur les institutions, sur l indépendance de la nation, l intégrité du territoire ou encore l exécution de ses engagements internationaux, le président de la République a le droit de prendre des mesures exceptionnelles. Autrement dit, il s agit d un article qui permet au président de s attribuer les pleins pouvoirs Le Premier ministre n a pour l heure toujours pas réagi. Le président l a officiellement reconduit dans ses fonctions et lui a demandé deux choses. D abord de déterminer le format d une nouvelle commission électorale, ensuite de former un nouveau gouvernement qui « se mette au service des ivoiriens et non aux ordres des partis politiques ». Pas de réactions officielles non plus du côté de l opposition. « Devant une décision aussi grave, explique l un des responsables, il ne faut pas réagir dans la précipitation ». Néanmoins, pour certains opposants, cette décision constitue un aveu du président Gbagbo qui « s est rendu compte que le processus électoral lui échappe et qu il ne peut pas gagner les élections ». L opposition qui s interroge surtout sur la légalité de la décision du président Laurent Gbagbo. Nouvelle ombre sur la tenue du scrutin présidentiel Reuters : Mike Segar En Côte d’Ivoire, pour ceux qui y croyaient encore, la dissolution de la Commission électorale indépendante et du gouvernement par le président Laurent Gbagbo repousse de facto les élections prévues initialement pour fin février début mars. Mais elle ne les renvoie pas forcément sine die. C’est la nouvelle incertitude du « chronogramme », comme disent les Ivoiriens en parlant du calendrier électoral. Sans cesse repoussée, la présidentielle, qui va l’être une fois encore, se tiendra-t-elle dans six semaines, dans six mois, dans un an ? L’opposition le martèle, Laurent Gbagbo ne veut pas aller aux élections, qu’il craint de perdre. Et donc sa double dissolution est un subterfuge de plus pour renvoyer le scrutin aux calendes grecques. L’opposition n’en veut pour preuve que l’insignifiance du fait générateur de cette crise : l’affaire de la « liste des 429 000 », dans la mesure où les noms qui avaient été indument ajoutés à la liste électorale ont été retirés. C’est un prétexte pour ne pas voter, donc il n’y aura pas d’élections de sitôt. |
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