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CÔTE D IVOIR Côte d’Ivoire : c’est la crise après la double dissolution de la commission électorale indépendante et du gouvernement L’opposition ivoirienne a réagi très vivement à la dissolution de la commission électorale indépendante et du gouvernement par le président Laurent Gbagbo. Le nouveau cabinet devrait être formé d’ici la fin de la semaine, assure-t-on dans l’entourage du premier ministre Guillaume Soro, qui a été reconduit dans ses fonctions. M. Soro a rencontré dimanche l ancien président Henri Konan Bédié, pour des « consultations ». Henri Konan Bédié, qui est avec Alassane Ouattara le leader du Rassemblement des Houphouétistes, coalition des principaux partis d opposition, avait dénoncé un « coup d Etat » au lendemain de la double dissolution et appelé à ne plus reconnaître Laurent Gbagbo comme chef de l’Etat. Du coup, les élections prévues fin février début mars sont plus que jamais compromises. De l’avis des observateurs, cette autre crise dans la crise risque de remettre en cause tous les acquis depuis la signature de l accord politique de Ouagadougou le 4 mars 2007. Une semaine décisive pour Guillaume Soro Le Premier ministre ivoirien, Guillaume Soro AFP/Sia Kambou Par RFI C’est une semaine politique cruciale qui débute en Côte d’Ivoire, où le nouveau gouvernement devrait être formé vers la fin de la semaine et non ce lundi 15 février, comme l’avait demandé le président Gbagbo en annonçant, vendredi, la dissolution du précédent gouvernement et de la CEI, la Commission électorale indépendante. Le Premier ministre, reconduit à son poste par le chef de l’Etat, poursuit ses consultations dans le cadre de l’APO, l’Accord politique de Ouagadougou, afin de constituer un cabinet plus restreint que le précédent. Une mission délicate. C’est la quadrature du cercle pour Guillaume Soro. Prenant le président Gbagbo au mot, le Premier ministre tente de former un nouveau gouvernement dans le cadre de l Accord politique de Ouagadougou (APO). Or l’APO prévoit un gouvernement de cohabitation, incluant donc l’opposition, et concède aux partis politiques signataires la prérogative de désigner leurs ministres. Or dans son allocution vendredi 12 février 2010, Laurent Gbagbo fustigeait les partis politiques qui, selon lui, prenaient le processus de paix en otage. Difficulté supplémentaire, l’opposition ne reconnait plus Laurent Gbagbo comme chef de l’Etat. Réussir à la convaincre en une semaine de demeurer au gouvernement est donc une gageure. En trois jours, cette fin de semaine, c’était mission impossible. Pour Meité Sindou, porte-parole de Guillaume Soro, le gouvernement sera connu d ici la fin de la semaine Le président souhaite aller vite. Probablement nous aurons un gouvernement complet, avec des noms, d ici la fin de la semaine... le Premier ministre verra le président avec une articulation du gouvernement, un format... un gouvernement de taille réduite... En prenant son temps, Guillaume Soro évite en tout cas l’isolement politique qui le menaçait s’il avait constitué son équipe à marche forcée. Les Forces nouvelles, qui se réunissent ce lundi 15 février 2010 dans leur fief de Bouaké, dans le centre du pays, partagent avec leur chef Guillaume Soro un respect scrupuleux de l’APO. Le Premier ministre leur signifie donc qu’il ne saurait se couper de sa base. Mais d’ici la fin de semaine, les initiatives que peut prendre l’opposition pour s’opposer à ce qu’elle dénonce comme une « dictature », risquent de lui compliquer davantage encore la tâche. |
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